Qu'en est-il de sa pratique dans notre pays qui se voudrait éveillé à la culture orientale ?

Quelle est son origine, sa raison d'être, sa philosophie ? Comment le pratiquer pour qu'il ne soit pas de simples exercices physiques ?

Bien qu'il soit catalogué comme art martial avec fédération, grades et compétitions, ce n'est pas un sport car, ce qui change la donne, c'est que c'est un ART MARTIAL INTERNE.

Qu'est que cela signigfie ?

Etabli en tant qu'art, le taï chi devrait servir à exalter le meilleur de nous-mêmes et non alimenter un esprit de combat, de compétition. C'est la différence entre la maîtrise et le contrôle ...

Il est dit aussi qu'il est une méditation en mouvement. Là, nous entrons dans une autre dimension où interviennent la maîtrise du souffle et la circulation interne des énergies, la paix du mental, la vacuité.

Qu'est-que méditer si ce n'est ne faire qu'un avec l'univers ?

La posture est déterminante dans le geste juste et l'alignement des différentes parties du corps.

Il existe plusieurs formes de taï chi, certaines utilisant une arme ou pouvant se pratiquer à deux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les noms des mouvements et des postures sont des représentations symboliques derrière lesquelles est tapi le divin invisible.

Elles nous renvoient à quelques animaux pour la qualité et la sagesse de leurs comportements ou à des éléments de l'univers d'où nous sommes issus.

Alors, pratiquer le taï chi sans être sensibilisé à ces notions, c'est dénaturer et appauvrir la pratique. Car, ces appellations ne sont pas que de belles images. Elles ont un sens profond à méditer.

Cet art de la méditation en mouvement porte autant sur le contrôle du souffle, la circulation des énergies et la recherche de la vacuité que sur des concepts comportementaux de la sagesse orientale.

Prenons un exemple : dans la pratique du taï chi à l'épée du style yang, en début de forme, il est un mouvement nommé :"l'Eternel montre la voie". Qu'est-ce que cela nous inspire ?

 

 

 

 

 

"De la familiarité avec l'exercice naîssent progressivement une réalisation et une compréhension de l'énergie ; de la compréhension de l'énergie naît une illumination spirituelle. Mais ce n'est qu'après une longue et laborieuse pratique que se manifeste cette soudaine transcendance."

Extrait d'un texte de Lï Guânghuà : "Au fil du temps"

 

 

 Quelques références : 

- Tàiji Quàn, La tradition de l'école Yang, Jean Gortrais, Edition Le   Courrier du Livre (1981)

- Taï chi chuan, Le miroir de soie, Denis Félus, Edition 2000

- Cours pratique de Taï chi chuan, Chang Dsu Yao et Robert Fassi, Editions Le  Grand Livre du Mois (1995)

 

 

 

 

Le Taï Chi est une pratique insaisissable et indéfinissable parce qu'il est le ressenti particulier, unique et singulier de celui qui pratique.

Aussi, vouloir le revêtir de mots est vain et illusoire. Les mots trahissent presque toujours la pensée et ne pourront forcément pas correspondre à une définition, d'où naîtront des discussions sans fin, des désaccords, une dysharmonie contraire aux lois du Tao.

Le Taï Chi est simplement un moyen pour aider le "voyageur" à trouver et à devenir UN avec sa propre nature.