Lio et le Grand Esprit de la Forêt

Un conte pour rêver.

Cet essai a reçu le prix Cernunos dans le cadre du concours littéraire organisé  par l'Association Le Livre et l'écrit en 2011sur le thème de la forêt.

 

NB - Cette version a été quelque peu revue et enrichie.

UN ETE TORRIDE

Nous sommes dans la périodela plus chaude de l'été et l'ancienne bâtisse à l'ombre des grands tilleuls est écrasée de chaleur. Plongée dans la pénombre, elle somnole.

Du jardin parviennent quelques senteurs mais la terre, desséchée, craque de toute part et la végétation est en souffrance.

Le soleil est de plomb. L'atmosphère est lourde et étouffante. Pas un souffle d'air, pas même un chant d'oiseau, toute vie semble suspendue.

Accablée également par cet été torride, Lïo s'est réfugiée à l'intérieur de la maison. Volets clos, ses épais murs de pierre conservent encore un peu de fraîcheur.

Affalée dans un fauteuil, elle attend Le Chat.

Selon son habitude, elle l'avait appelé par la pensée et laissé vagabonder son esprit. Cette pratique lui était venue spontanément dès le début de leur rencontre. Elle savait qu'il ne tarderait pas à venir.

Profondément absorbée par ses pensées, Lïo sentit soudain dans l'encadrement de la porte entr'ouverte une présence. Cette faculté de percevoir l'invisible ne lui était pas étrangère et la présence qu'elle percevait maintenant lui était familière. Ce n'était pourtant pas celle du chat.

 Elle demanda :

- Qui est là ?

Une voix grave et chaleureuse se fit entendre. Elle reconnut aussitôt la voix de son vieil ami le Grand Esprit de la Forêt.

- Le temps a bien passé, dit-il, depuis ta dernière visite ; aussi mes compagnons m'ont-ils chargé de venir te voir. 

Lïo ne fut pas autrement surprise mais plutôt un peu honteuse d'avoir ainsi négligé ses amis. Elle répondit :

- je suis navrée, Cher Grand Esprit et je te remercie pour ta sollicitude. Voudrez-vous bien me pardonner ?

Malgré ma négligence, vous me manquez beaucoup et sans plus tarder, je vais reprendre mes longues promenades en votre compagnie. C'est un tel plaisir, toujours renouvelé !

Heureux, le Grand Esprit de la Forêt allait prendre congé lorsqu'il ajouta :

- je compte aussi, personnellement, te revoir bientôt dans notre demeure.

Lïo l'assura avec empressement de sa visite prochaine et le Grand Esprit de la Forêt, après l'avoir saluée, se retira.

 

 

Lïo attendait Le Chat. C'est le nom qu'elle lui avait donné par défaut. Elle sentait sa présence. Elle prit son livre et se mit à lire. Mais son attention était constamment distraite. Elle pensait au Grand Esprit de la forêt

Comment avait-elle pu rester si longtemps sans leur rendre visite ? Elle le faisait souvent autrefois. Maintenant, elle consacrait la plus grande partie de son temps à son nouvel ami.

Une relation indéfectible les unissait. Il était bien plus que le compagnon de tous les instants. Lorsqu' ils étaient ensemble, tout un monde inconnu se manifestait. Il était le guide qui lui ouvrait les portes du monde invisible.

Investie dans ses pensées, insensiblement, Lïo glissa dans un sommeil paisible, son livre ouvert sur les genoux.

 

 

REVERIE

 Son esprit s'en alla rejoindre des contrées lointaines. Elle franchissait monts et vallées que le soleil baignait d'ocre.

Elle atteignit bientôt des lieux enchanteurs, peuplés d'êtres merveilleux qui évoluaient avec grâce. Ils étaient vêtus d'étoffes vaporeuses dont les couleurs chatoyaient au moindre de leurs mouvements. De toute leur personne, nimbée de lumière, émanaient une grande douceur et une profonde bonté.

Chacun allait son chemin dans la joie et l'harmonie partagées.

Les lieux même étaient emprunts de paix et de sérénité que rien ne saurait troubler. Elle se sentait s'ouvrir sur l'infini, sur l'éternité. Elle crût entendre une mélodie s'élever dans les airs et elle pensa au Chant des Sphères !

Elle s'étonnait de tant de félicité tellement à l'opposé de ce qu'elle vivait. Cependant, dans sa mémoire d'enfant, cette vie ne lui était pas inconnue, elle savait qu'il devait en être ainsi.

Soudain, le Grand Esprit de la Forêt lui revint en mémoire.

Elle l'invoqua ...

Bientôt, il fut près d'elle. Il souriait et lui souhaita la bienvenue. Alors, une onde de joie se répandit dans tout son être.

Elle retrouvait son vieil ami d'autrefois. Elle se souvint de leurs longues promenades au cours desquelles il lui enseignait les mystères de la Nature. Il lui faisait connaître un autre monde. Celui de l'amour, de la vie où chacun naturellement a sa place, sans lutte ni compétition.

Elle l'écoutait, ébahie et restait silencieuse pour mieux savourer la magie du moment. Elle avait un grand désir de connaître et retenait le temps pour mieux soulever le voile.

Après un long moment, elle ne put s'empêcher de lui demander :

- Où est ta demeure ?

Il ne répondit pas. Il passa devant elle, toujours souriant et l'invita à le suivre.

 

 

 

LE JARDIN FEERIQUE

 Lïo marchait à côté du Grand Être de la Forêt et ne souhaitait nullement troubler le silence qui les unissait. Seul résonnait le chant des oiseaux ou le bruissement du vent ou encore le frôlement des animaux proches.

Une lumière dorée baignait la campagne environnante et faisait éclater les couleurs. Toute vie vibrait avec intensité ; elle se sentait transportée sur le sol léger que ses pieds effleuraient à peine.

Les paroles étaient superflues, une compréhension mutuelle instantanée rendait la communication fluide et pure où les mots n'avaient pas de place. Sans qu'elle ait à prononcer la moindre parole, elle se sentait accueillie et comprise.

Ils cheminèrent ainsi et le temps n'existait plus.

Ils arrivèrent en un lieu que nulle expression ne saurait réellement traduire. C'était une vasteclairière ombragée. Une cascade franchissait joyeusement des rochers luisants et venait terminer sa course en un vaste bassin d'eau limpide où des myriades d'étoiles scintillaient sous le soleil. Des éclats de lumière filtraient au travers des feuillages et jouaient sur le sol sablonneux comme autant de formes fugaces et insaisissables. L'air était léger et peuplé de chants d'oiseaux. Certains passaient tout près, nullement effarouchés, et les effleuraient de leurs ailes déployées.

A proximité se trouvait un bosquet de fleurs délicates. Avisant une pierre plate, le Grand Esprit de la Forêt s'y assit. La mousse lui faisait comme un coussin de couleur émeraude. Une brise saturée de senteurs subtiles embaumait.

Lïo prit place à son côté. La cascade chantait et son murmure était une douce mélodie venue d'un ailleurs inconnu. Ils restèrent là, paisibles, dans la paix de ce monde enchanteur.

Après un instant, hésitant à rompre le silence, Lïo demanda :

- Où sommes-nous ? Pourquoi m'as-tu conduite ici ?

Elle ne put s'empêcher de renouveler sa demande :- Est-ce là ta demeure ?

Entre temps, dans la magie du lieu et de l'instant, la nuit était venue. La vie maintenant semblait suspendue au souffle de l'air ; une douce quiétude s'installait. Le silence ne serait plus bientôt rompu que par les bruits de la nuit.

La lumière avait été absorbée mais continuait à rayonner de l'intérieur projetant une lueur argentée. L'ombre redessinait les contours. Les arbres repliaient leurs bras ; les fleurs fermaient leurs coroles sous la caresse de l'air parfumé.

Ils avaient cheminé longuement mais le temps, ici, n'existait pas ...

Le Grand Être de la Forêt lui sourit encore ; il se dégageait de tout son être tant d'amour et de bonté.

- Chère enfant, commença-t-il, si je t'ai demandé de venir nous voir et que je t'ai conduite ici c'est pour te montrer combien notre monde est merveilleux, combien notre Terre est belle et quel grand privilège nous avons de vivre dans cet univers d'amour où tout est beauté et harmonie.

Sa voix résonnait, claire et mélodieuse, comme un chant céleste.

Des ondes multicolores l'environnaient, évoluaient en larges volutes, disparaissaient et réapparaissaient dans une immense vibration colorée.

Lïo était sous le charme, comme sous l'effet d'un sortilège.

- Cependant, reprit-il, les hommes sont aveuglés par d'autres richesses et ne voient plus la splendeur qui les entoure.

Pourtant, notre Terre souffre et si les hommes persistent dans leurs comportements, ils la détruiront totalement et disparaîtront avec elle. Cette situation est tout à fait inacceptable.

A ce moment, Lïo fut saisie d'une affreuse sensation de douleur et de tristesse. Voilà donc, pensa-t-elle, ce qu'il faut comprendre lorsque les adultes parlent de toutes ces choses innommables et effrayantes.

La voix poursuivait :

- Ici, tout ce qui vit s'exprime dans l'amour et le respect mutuel. La paix règne partout. Chacun vit en parfaite harmonie avec ce qui l'entoure. Tous sont liés, totalement intégrés à l'Univers, ne formant qu'un avec Lui.

Les hommes font partie de cet Univers mais ils en ont perdu le souvenir. Leur égoïsme et leur avidité les ont coupés de ce monde qu'il ne voit plus. Ils vivent désormais dans la souffrance, se détruisant les uns les autres.

Comment cela se peut-il ? Comment cela peut-il perdurer ? Ce n'est pas dans l'Esprit du Créateur. Vois comme tous ces êtres sont beaux, vivants et vibrent en parfaite harmonie. L'homme fait partie également de ce monde mais son ignorance et son aveuglement le privent de ce bonheur ineffable.

Lïo écoutait et sentait circuler, de façon presque palpable, tout l'amour de cet Univers.

Elle prit soudainement conscience de son appartenance à ce Grand Tout.

Elle comprit l'immensité de l'erreur dans laquelle l'Humanité s'était engagée et elle sentit couler le long de ses joues des larmes de tristesse et de désespoir.

Alors, le Grand Esprit de la forêt prit doucement sa main et la tenant ainsi entre les siennes, comme un père aimant, lui murmura :

- Ne pleure pas, petite fille, tout n'est pas perdu. Il ne tient qu'aux hommes de rétablir ce monde merveilleux. Porte-leur le message qu'une ère nouvelle vient de naître où chacun vivra de fraternité, de partage et de justice.

Lïo resta un long moment silencieuse…

Dans sa réflexion, elle avait compris et ressenti au plus profond d'elle-même ce que son vieil ami venait de lui révéler.

Ici, tout respirait la beauté, la pureté dans une existence tellement réelle faite de simplicité. Comment transposer la vision de ce monde dans sa propre réalité ? Cette réalité sans chaleur ni lumière, sans couleurs où la tristesse, l'angoisse et la peur s'infiltrent partout, où un voile de grisaille recouvre ce monde sans espoir.

Elle se sentit totalement anéantie.

Le Grand Maître de la Forêt sentit son désarroi.

- Grand Esprit, se surprit-elle à dire, pourquoi m'as-tu choisie, je ne suis qu'une enfant. Les adultes n'ont que faire de l'avis des enfants dans les affaires du monde.

Le Grand Esprit l'écoutait attentivement.

- Justement, dit-il, les enfants plus que tout autre entendent la voix de leur cœur. Ils savent écouter les messages de cette voix intérieure. Ils sauront restaurer la Vie de ce monde en perdition.

Garde courage, l'avenir vous appartient…

Agissez, chers enfants, écoutez la voix de votre cœur. Montrez aux adultes le chemin qu'ils ont perdu pour que le jour de la grande réconciliation vienne.

Lïo entendait résonner dans sa tête l'écho de ces paroles qui se propageait en ondes puissantes dans tout son être.

Par un phénomène transcendant, sa tête et son cœur s'unissaient. Elle saurait transmettre le message.

 

 

 

APRES LE RÊVE

Brusquement, Lïo sentit un poids lui tomber sur les genoux.

Elle avait pris congé du Grand Esprit de la Forêt et des miaulements intempestifs terminèrent de la réveiller.

Le Chat était là. Elle le prit dans ses bras, le serra très fort et pleura doucement.

Elle le reposa à terre, encore tout imprégnée des visions de son rêve. Elle avait vu que la vie pouvait s'exprimer dans la beauté, la vérité, la simplicité. Elle n'oublierait jamais les instants magiques passés en compagnie du Grand Esprit de la Forêt.

Elle se mit à croire à un monde où tous les hommes s'aimeraient et partageraient. Elle se mit à espérer qu'un jour le monde merveilleux de son rêve serait réalité.

Il fallait y croire … Cependant, la vie était là, engluée, prisonnière de l'argent, sujette à toutes les dérives y compris les plus monstrueuses.

Comment secouer toute cette inertie ? Comment réveiller les consciences ?

La corruption, la haine, la destruction, quel gâchis !

 

 

REFLEXION 

Ce matin, Lïo se rendit au jardin. Surgissant de nulle part, Le Chat avançait à sa rencontre. C'était une habitude, à quel qu'endroit qu'elle se rendit, le chat la rejoignait.

A la vue de l'animal, elle sentit son cœur s'ouvrir. Elle s'émerveillait toujours devant ce lien indéfectible et s'interrogeait sur les raisons de ce privilège, de ces instants de pure magie auxquels les adultes ne sont plus capables d'accéder.

Elle était là dans ses pensées et c'est alors que les paroles du Grand Esprit de la Forêt lui revinrent en mémoire. Elle avait compris.

Dans la pesanteur du monde matériel, les adultes étaient devenus des robots, esclaves des richesses qu'ils avaient eux-mêmes engendrés. Ils ne pouvaient plus prêter attention à autre chose. Ils avaient perdu le chemin de leur cœur.

Car le lien affectueux qui l'unissait à son chat avait joué comme un révélateur et lui avait permis de trouver sa voie.

Le monde allait se transformer et seul l'amour permettrait cette transformation.

Le Grand Esprit de la Forêt lui avait montré le chemin, celui qui unit tous les êtres.

Peu à peu, le voile se levait. Elle commençait à comprendre et sa petite voix intérieure lui murmurait d'avoir confiance. Cette voix que chacun possède mais que tous n'entendent pas.

 

 

Il lui arrivait parfois de sentir son courage l'abandonner. Alors, elle se souvenait du Grand Esprit de la Forêt et l'appelait par la pensée. Infailliblement, il répondait à son appel.

Maintenant, il se tenait là, près d'elle, dans une attente bienveillante.

- Grand Esprit, dit-elle, la joie de te revoir m'inonde de bonheur. Cependant, une interrogation persiste et jette un voile de tristesse sur ce bonheur incomparable. Dis-moi, je t'en prie, si les hommes entendront un jour la voix de leur cœur.

Le Grand Esprit de la Forêt plongea son regard limpide dans le sien et lui dit :

- Au plus profond de chacun repose un grand désir d'amour. C'est un pouvoir indicible, que rien ne peut entraver si délibérément nous le laissons s'exprimer librement et éclairer le chemin.

Tout en parlant, le Grand Être de la Forêt s'était assis et un énorme chien vint se coucher à ses pieds, se laissant caresser dans une attitude de totale confiance.

Lïo fut impressionnée et resta interdite.

 

Elle comprit soudain le lien qui l'unissait au Chat et qui unissait tous les êtres. Il venait de luI démontrer le grand pouvoir de l'amour.

Il reprit :

- Chère Lïo, agis toujours selon ton cœur, sois toujours à l'écoute de ta voix intérieure, laisse-la te monter le chemin. Un jour, tous les hommes entendront cette voix et ce jour-là ils comprendront, ils s'éveilleront à un autre monde.

Ils reprendront conscience de la Nature qui les entoure ; ils deviendront attentifs à leurs frères ; ils ouvriront leur cœur et consentiront au partage.

De grands progrès seront ainsi accomplis et l'espoir renaîtra.

La Vie sur la Terre sera restaurée et évoluera telle que prévue dans le Grand Plan Cosmique.

Chacun, au fond de soi, désire et recherche un monde meilleur. Les hommes n'en peuvent plus de désespérance.

Certains, pourtant ont déjà compris et œuvrent avec courage. Le changement est déjà en marche, il s'amplifiera jusqu'à ce que la Terre redevienne ce havre de paix, d'amour fraternel et d'harmonie.

Lentement, intuitivement, une croyance inébranlable s'immisçait en elle et Lïo savait que l'amour et l'harmonie guideraient bientôt les hommes.

Elle sentit alors une douce chaleur pénétrer son épaule et irradier tout son être. La main du Grand Esprit de la Forêt venait de s'y poser.

Elle dirigea son regard d'enfant vers le sien et put y lire tout l'amour et le réconfort dont elle avait besoin.

Elle l'entendit dire encore :

- chaque fois que tu auras besoin de moi, je serai là. Sache, cependant, que le courage et la confiance sont en toi et qu'il t'appartient d'en faire usage. Tout ne vient pas sans effort.

 Puis il disparut, la laissant dans une profonde méditation.

 

 

 QUE LE RÊVE SE REALISE

Par un doux soir de l'été finissant, Lïo résolut de sortir cheminer le long des allées du jardin. Le Chatlui emboîta le pas.

De la terre montaient des parfums délicats. Le ciel, indigo, était constellé d'étoiles et la lune veillait.

La nuit déployait ses sortilèges et Lïo s'y abandonna. Elle alla se réfugier sous "son" arbre. Depuis son plus jeune âge, elle avait pris l'habitude de s'asseoir là chaque fois que des pensées agitaient son esprit.

Beau et majestueux, elle se lovait dans ses racines sous la protection de son feuillage. Adossée à son tronc, elle sentait son énergie bienfaisante l'apaiser et la vivifier.

Ce soir, elle retrouvait la paix et la sérénité.

Il était devenu son ami et son confident. Elle lui parlait. Elle savait qu'il l'écoutait. Elle lui confiait ses secrets, ses espoirs, ses combats et ne manquait pas, au besoin, de venir le remercier.

Elle réalisait combien cet être avait sa place près d'elle, combien il possédait sa vie propre et les raisons de leur amitié.

Elle savait aussi qu'il en est ainsi de toute création. Tout provient de la même Source.

Elle comprit que la vie est sacrée et doit être respectée. Elle prenait conscience que le divin réside en toute chose et que l'amour est force de cohésion. Le mot "unité" prenait tout son sens.

Ses idées devenaient de plus en plus claires. Elle comprenait ce qu'appartenance au Grand Tout signifiait.

L'amour était devenu son Maître. Elle savait maintenant que c'était la seule voie dans laquelle l'Humanité devait s'engager.

Un monde de fraternité, sans violence et sans haine allait naître …

 

                                                                                … et le rêve deviendrait réalité !